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    27 décembre 2020 at 10:41

    Pour le Docteur Paris,
    Merci et belle fin d’année à tous.

    *********************
    Coronavirus: un risque psychique pour les adolescents

    Sociologue, anthropologue et enseignant à l’Université de Strasbourg, David Le Breton a travaillé sur l’adolescence et les pratiques à risque. Il pointe l’ambivalence des jeunes à l’ère du Covid-19. Entretien.
    Par Propos recueillis par Veneranda PALADINO – Hier à 20:00 | mis à jour à 20:22 – Temps de lecture : 4 min
    David Le Breton. Photo DNA /Philippe Matsas

    Avez-vous constaté une influence de la crise sanitaire sur les comportements des adolescents ?

    Les comportements sont contrastés. Lors du premier confinement, il a pu y avoir entre des adolescents et leurs parents et leurs frères et sœurs des moments de partage, de découverte. D’autres ont pu se sentir piégés alors qu’ils étaient dans cette phase d’autonomie où l’on met le centre de gravité du côté de ses amis. Lors du premier confinement, les conflits et les tensions ont été exacerbés dans les familles vivant dans des logements trop exigus.

    La sociabilité d’un enfant, d’un adolescent, ce sont les amis. À de multiples niveaux, il était nécessaire de rouvrir les collèges et les lycées même s’il y a des risques. On peut dire que le risque psychique commençait à devenir plus sérieux que le risque somatique.

    Comment interprétez-vous les transgressions de certains jeunes ?

    On voit en effet des adolescents qui se baladent ensemble sans masque, collés les uns aux autres sans le moindre geste barrière. Et puis il y a eu des transgressions plus sévères avec les fêtes clandestines, les « lockdown parties » qui continuent malheureusement et qui existaient déjà lors du confinement plus radical du printemps. Celles-ci concernent moins les adolescents que de jeunes adultes qui tiennent des propos qui peuvent choquer comme « On n’en a rien à foutre », revendiquant une liberté dont il y aura un prix à payer pour des gens qui n’y sont pour rien, notamment les grands-parents. On peut épiloguer sur la sociabilité contemporaine qui est davantage narcissique, où le souci de l’autre est moins présent qu’il y a quelques années. On est dans un monde plus ambivalent. Cela caractérise d’ailleurs la jeunesse qui l’exprime avec cette formule : « Je sais bien que c’est dangereux mais quand même… et je gère ». C’est ce que j’ai toujours vu dans les conduites à risques de nos jeunes que j’analyse depuis très longtemps.

    On a stigmatisé les jeunes, dénoncé le manque de solidarité générationnelle. Qu’est-ce que cela dit de notre société ?

    C’est injuste pour une immense partie de la jeunesse. Car il n’y a pas une jeunesse mais des jeunesses en fonction des origines sociales, culturelles et géographiques, des familles recomposées, de parents divorcés avec ou sans conflit. Cela donne des profils extrêmement différents. Ceux qui sont dans la transgression sont minoritaires, même si on n’a pas de chiffres. Ce sont ceux qui sont dans des formes de ruptures générationnelles. En tant que sociologue, il faut prendre en compte cette hétérogénéité de la jeunesse d’aujourd’hui. Et ne pas oublier qu’il y a une part qui est extrêmement solidaire, une autre indifférente et encore une autre qui n’est pas dans un sentiment d’empathie et qui veut prendre son plaisir.

    Inquiétudes, incertitudes et incompréhensions touchent les parents eux-mêmes, qui sont censés apporter de la stabilité à leurs enfants. La tâche n’est pas simple pour eux.

    Cela crée une communauté de destins à l’intérieur de la famille. On est ensemble contre l’adversité. On essaye de trouver des solutions mutuelles, de faire en sorte que le temps ne soit pas un ennui permanent. Le pire aujourd’hui, c’est l’incertitude dans laquelle nous sommes, c’est de ne plus pouvoir faire de projets.
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    Quelle est la capacité d’adaptation des plus petits ?

    « On n’a pas idée de l’effet que peut avoir l’entrée dans un monde masqué pour les plus petits », remarque le Dr Nicole Steinberg, pédopsychiatre au centre hospitalier d’Erstein. Il y a deux courants de pensée, prolonge Rebecca Riess, directrice de l’association Le Furet, basée à Strasbourg, qui propose des publications aux professionnels de la petite enfance et un accompagnement dans la lutte contre les discriminations. « Une partie se rassure sur le terrain en se disant que la capacité d’adaptation des enfants et des bébés est assez exceptionnelle, même si ce n’est pas au mieux. Pour d’autres, cette capacité d’adaptation, y compris dans des situations très difficiles, n’est pas un élément suffisamment rassurant à long terme », constate-t-elle. Et d’évoquer les employés d’une crèche qui, lorsqu’ils ont pu enlever leur masque, ont vu des petits « se jeter » sur eux avec de grandes effusions de tendresse, comme s’ils les redécouvraient. « Cela les a beaucoup frappés. Ils avaient partagé tout ce temps avec l’impression que cela se passait bien et il manquait tout de même quelque chose. Il y a aussi le constat que des enfants qui pleurent beaucoup se calment lorsqu’on tombe le masque… »

    Par ailleurs, les orthophonistes s’inquiètent fortement du fait que « le masque entrave l’apprentissage de la parole ». Lequel « ne se fait pas seulement par les sons, mais aussi par le mimétisme, et, à ces âges-là, selon les milieux sociaux, il peut y avoir une différence impressionnante de 500 à 1 000 mots de vocabulaire », remarque-t-elle. « C’est très important : de ce premier contact au langage se nourrit la capacité de lire et d’écrire. On risque de le voir de manière massive dans deux ou trois ans, à l’entrée de ces enfants à l’école. » Des observations que l’association intègre dans ses réflexions, par exemple « pour trouver les moyens d’avoir de la bienveillance à l’accueil des familles qui ne peuvent plus entrer dans les crèches » et qu’elle fait remonter en participant à des groupes de travail au ministère.

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